L’Évangile selon Pilate 

L’Évangile selon Pilate _ Éric-Emmanuel Schmitt 

Quatrième de couverture : « Première partie : dans le Jardin des Oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ? Deuxième partie : trois jours plus tard, au matin de la Paques, Pilate dirige la plus extravagante des affaires policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! À mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de foi. » 

 
Mon commentaire : 

L’Évangile selon Pilate, habillement écrit par E.-E. Schmitt, se lit en deux parties. 

  • La première partie suit les réflexions de Yéchoua (Jésus), alors qu’il passe sa nuit au Jardin des Oliviers, à attendre que les soldats viennent le chercher. Il sait qu’ils arrivent. Il sait qu’il mourra. Cette perspective semble l’inquiéter autant que le rassurer. Ils se remémore les instants de sa vie qui l’ont conduit là. Est-il vraiment le fils de Dieu ? Est-il un illuminé de plus à s’imaginer être le prophète que tous attendent ? En lui les questions se bousculent. 

Cette partie donne un éclairage différent sur la vie de ce charpentier ici très maladroit. L’auteur lui rend l’humanité que beaucoup oublient en lui. Ses peurs, ses craintes, ses erreurs… mais c’est aussi un témoignage léger, candide et drôle. 

  • La seconde partie est une enquête policière. Une partie de cache-cache. Le corps de Yéchoua, crucifié et mis au tombeau, à disparu. Ponce Pilate se lance à la recherche des voleurs de cadavre. Mais existent-ils ? Un murmure court : Yéchoua est ressucité ! Impossible pour Pilate qui enchaîne les hypothèses pour s’expliquer l’inexplicable. Dans un style totalement différent, nous suivons ici les lettres envoyées par Pilate à son frère Titus. Il y étale l’avancée de cette enquête improbable et ce qu’il ressent face à ces événements. On découvre un Pilate qui s’interroge au point de remettre en question ses croyances. Sa femme joue là un rôle déterminant que je vous laisse découvrir par vous même. 

Cette partie est également drôle, Pilate voyant systématiquement chacune de ses hypothèses de résolution d’enquête être anéanties.  

En bref 

Une vraie réussite ! L’auteur a rédigé ce roman avec beaucoup de sensibilité et de respect, n’imposant rien, évitant les clichés.  Il faut un certain courage pour écrire sur un tel sujet, qui peut mener tout droit à la discorde. E.-E. Schmitt s’est lancé. Il lui aura fallu plusieurs années de réflexion et d’écriture avant de nous livrer ce « cinquième évangile » comme il le qualifie lui-même.  Je vous recommande de lire une édition comportant le Journal d’un roman volé. L’auteur nous fait entrer dans l’intimité de son bureau et partage les réflections qui l’ont accompagné lors de l’écriture de ce roman. 

Journal intime, enquête policière, roman d’aventure… Il n’est pas nécessaire d’être ancré dans la religion pour entrer dans le récit qui nous est proposé et le savourer jusqu’à la dernière page. 

— Le plus
: le Journal d’un Roman volé est absolument à lire. C’est une forme de privilège que d’avoir accès aux notes d’ Eric-Emmanuel Schmitt. 

— Le moins : je n’en trouve pas. 

 
Ma citation choisie : 

– Le corps a disparu ! 

J’ai tout de suite compris qu’il parlait du Magicien de Nazareth, et tout de suite entrevu l’épaisseur des emmerdements qui m’attendaient si nous ne retrouvions pas immédiatement ce cadavre. 

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